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Arrêtons l’huile de coco !

L’huile de coco, c’est l’ingrédient phare de ces dernières années. Pourtant, elle est aux cosmétiques ce que l’avocat est à la cuisine healthy : un fléau, un ingrédient “miracle” que tout le monde recommande, pour tout et n’importe quoi sans se soucier de la réalité derrière la production de celui-ci. 

L’huile de coco, qu’est-ce que c’est ?

L’huile de coco est fabriquée à partir de ce qu’on appelle l’albumen de la noix de coco, communément appelé la chair de noix de coco. 

Elle est extraite par pression à froid. La chair de coco est lavée puis séchée et réduite en poudre. On la passe ensuite sous une presse qui permet d’en extraire son huile. 

On parle d’huile de coprah quand on extrait l’huile d’une chair séchée de noix de coco. Cette dernière est particulièrement utilisée dans l’industrie alimentaire. Il s’agit souvent d’une huile raffinée puisque l’huile de coprah brute est impropre à la consommation. 

L’huile de coco, cet ingrédient miracle.

Si l’huile de coco est aussi prisée, c’est parce qu’elle a de nombreuses propriétés. L’huile de coco vierge pressée à froid est riche en vitamine E et en acide laurique, un acide gras saturé au propriétés antibactériennes. La vitamine E quand à elle est riche en antioxydant, elle aide donc la peau à rester « jeune ». Elle présente également l’avantage de ne pas s’oxyder et de se conserver plus longtemps.

Elle est également très nourrissante et particulièrement indiquée pour les peaux très sèches et pour les cheveux. L’action antibactérienne de l’acide laurique en font un ingrédient de choix pour les déodorants. 

Dans les faits, il est donc vrai que l’huile de coco présente de nombreuses propriétés et son action dans les cosmétiques est particulement bénéfique. 

Alors pourquoi s’en priver ?

Parlons peu mais parlons économie

Lorsque nous, occidentaux, décidons subitement qu’il ne faut consommer qu’un seul ingrédient miracle, nous avons généralement peu conscience des désastres écologiques et économiques que nous créons derrière. Il suffit de voir les conséquences de la surconsommation de quinoa parmi les populations boliviennes pour prendre conscience que consommer à outrance un aliment n’est jamais bon, ni pour nous, ni pour la planète. 

L’huile de coco ne fait pas exception à cette règle.

La noix de coco est issue du cocotier, un arbre principalement originaire d’Asie du sud-est. On trouve beaucoup de plantations en Thaïlande, aux Philippines ou au Sri Lanka. 90% des plantations de cocotiers sont de petites plantations familiales et assurent ainsi un revenu minimum à ces petits producteurs. Malheureusement, comme c’est la cas avec de nombreuses denrées exotiques, les occidentaux paient souvent ces producteurs aux prix les plus bas. Humainement on a déjà vu mieux. 

Aux Philippines, l’exportation d’huile de coco représente 5% du PIB du pays. Une puissance économique non négligeable dont le pays ne peut se passer. En mettant en avant l’huile de coco , les occidentaux que nous sommes avons entamé une phase de surconsommation de ce produit. Il a donc fallu augmenter la productivité des arbres pour répondre à cette demande grandissante. Cette augmentation de la productivité s’accompagne d’une sur-exploitation des sols ainsi que d’une baisse des prix de ventes. 

J’ajoute également que les personnes travaillant dans les usines de production d’huile de noix de coco sont également sous-payées. On compte ainsi un salaire de 250€ par mois. Même si les salaires ne sont pas les mêmes qu’en France, ca ne vole quand meme pas très haut.

Parlons peu mais parlons transport

A moins d’avoir un cocotier en bas de chez vous ou un producteur de coco non loin de votre habitation, les chances pour que votre huile de coco ait parcouru la moitié du globe avant d’arriver sont de 100%. Que ce soit la coco, l’eau de coco ou même l’huile de coco, l’impact environnemental depuis sa transformation jusqu’à vos cosmétiques en passant par l’emballage et le transport est désastreux. 

Ajoutons à cela la perte de matière. Encore une fois, à moins que vous ayez acheté une noix de coco entière, que vous en ayez extrait la pulpe et que vous l’ayez pressé à froid, il y a de grandes chances pour que vous achetiez l’huile de coco en pot, déjà extraite.

Quid du reste du fruit ?

C’est bien là le problème. La coco fraiche s’altère très rapidement. De plus, la pulpe une fois pressée, ne peut être réutilisée. Il en va de même pour l’eau présente dans la noix. Autant de matière première qui disparait au fur et à mesure du processus. Quand on c’est que dans le coco tout est bon…C’est bien dommage d’en perdre autant !

Parlons peu mais parlons écologie

Cette surconsommation d’huile de noix de coco amène son lot de conséquences écologiques. Elle oblige les petits producteurs à sortir des sentiers battus de l’agroforesterie en devenant mono-producteur. L’accroissement de la productivité a également pour conséquence la déforestation. Pour avoir plus de noix de coco, il faut plus d’arbres donc plus de territoires. Enfin, dernière conséquence de cela : l’utilisation de pesticides et autres fertilisants. Fini l’huile de coco vierge et bio !  Un seul objectif : produire plus.

Quand on sait que les producteurs de noix de coco font partie des travailleurs les plus précaires, on ne peut pas leur en vouloir d’essayer de gagner plus…

Un dernier tout petit paragraphe pour expliquer que certaines plantations utilisent des singes pour aller chercher les noix de coco. Too bad pour la condition animal, donc. 

Une petite vidéo de Brut qui dénonce notamment ce genre de pratique :

Parlons consommation :

Utiliser un produit occasionnellement parce que ses propriétés sont réputées est une chose. Pousser les consommateurs à surconsommer ce produit en est une autre. Dans ce processus, les différents médias (magasines de mode, de cuisine…) et même certaines pages oeuvrant pour consommation responsable ont une responsabilité.

L’huile de coco a été introduite comme l’alternative aux matières grasses animales et à l’huile de palme, à tel point que certains ont oublié que la France produisait également de bonnes huiles végétales utilisables en cuisine comme en cosmétiques. L’utilisation de l’huile de coco à la place du beurre alors que l’huile d’olive existe, est à mon sens, une absurdité complète. C’est pourtant ce qui est en train de se passer dans la tête d’un bon nombre de consommateur.

En cosmétique, la prudence est également de mise. Bien souvent, celle-ci peut être remplacée par une huile aux propriétés similaires. J’ai également vu des articles ventant les mérites de l’huile de coco dans des soins pour le visage. Soulignons donc que celle-ci n’est pas adaptée à toutes les peaux. Il faut donc l’utiliser avec prudence.

Faut-il arrêter l’huile de coco ?

Avec un article comme celui-ci on pourrait penser que oui. Je reste pourtant consciente que l’huile de coco a quand même de nombreuses propriétés et je comprends tout à fait l’envie de l’utiliser de temps à autre.

Toutefois, il est possible de rester vigilants sur certaines choses et d’en réduire au maximum sa consommation. 

Quels sont les réflexes à adopter ?

  1. Faire attention à la mention « Commerce équitable ».

Nous l’avons vu, l’économie autour de l’huile de coco est en train de déraper. Afin de continuer à fournir aux producteurs de coco un revenu stable et équitable, pensez à vérifier que votre huile de coco est labellisé « Max Havelar » ou « Commerce équitable ». 

2. Choisissez une huile de coco de qualité, bio, vierge et pressée à froid.

3. Ne l’utilisez pas à tort et à travers et demandez vous toujours s’il elle est vraiment nécessaire. Il existe plein d’alternatives bio et locales sur notre territoire, c’est le moment de les utiliser !

Arrêtons avec l’huile de coco ! 

Si l’huile de coco ne provoque pas encore autant de désastre que l’huile de palme, sa production comme sa consommation soulève tout de même de nombreux problèmes. Son impact environnemental et économique n’est pas négligeable. Sans en arrêter la consommation, il est cependant important de se poser les bonnes questions quant à son utilisation.

Faire ses produits c’est bien ! Le faire en respectant l’environnement, c’est mieux ! 

Si vous voulez aller plus loin, voici une vidéo intéressante par France 5 :

Enfin, quelques articles d’où je tire mes sources :

Passons tous au naturel !  

Gaëlle

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