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Comment j’ai préparé mon “Beach body” ?

Aujourd’hui, j’ai décidé de partager avec vous comment je me suis personnellement préparée pour avoir un “Beach body” version 2020. Attention, il n’y aura pas d’astuces minceurs ou de routine sportive ! Aujourd’hui, nous allons parler acceptation de soi, la seule chose capable de nous rendre “Beach body ready” pour l’été ! 

Préparer mon “Beach body”

De quoi parle-t-on ?

Également appelé “Bikini body”, le “Beach body” est un programme de sport inventé par une société américaine. Le principe est simple : vous préparer en quelques mois à avoir un corps « prêt » pour la plage. Un programme de sport intensif ponctué de compléments alimentaires qui vous promet d’avoir un ventre plat, un corps bien musclé et si l’on en croit les photos, capable également d’effacer vos vergetures 😉 

Ce genre de régime et de programme express n’est pas nouveau. Nombreux sont les magasines proposant des régimes miracles afin d’être « à l’aise » sur la plage. 

Il s’agit évidemment d’un procédé marketing et personne n’est obligé de penser la même chose. Cependant, il participe à véhiculer l’image que seul les corps minces (voire maigres) sans aucun défaut ont le droit d’aller à la plage. Ces programmes qui sont non seulement dangereux pour la santé, nous pousse également à croire qu’il y a un « corps » standard autorisé pour la plage. On est d’accord que c’est complètement con ?

Toujours est-il qu’après avoir vu un nombre incalculable de publicités, j’ai décidé de vous parler de ma façon à moi d’avoir un “Beach body” ready. 

Genèse d’un esprit complexé

De manière générale, je possède un physique moyen, ni en surpoids, ni maigrichonne. Je ne suis pas très grande mais pas minuscule non plus. Je n’ai jamais eu de vrais problèmes de poids et j’ai toujours fait du sport et je mange à peu près équilibré. 

J’ai une morphologie passe-partout. Je fais partie de ces gens dont les tailles de vêtements partent le plus vite pendant les soldes. 

A priori, il y avait donc peu de chances pour que j’ai un jour un problème avec le fait d’être en maillot de bain.

Pourtant, j’ai développé pendant mon adolescence trois gros complexes qui m’ont bien pourri la vie et m’ont empêché d’être à l’aise à la plage comme à la piscine : mes poils, mes vergetures et mon p’tit bidou. 

Trois complexes que j’aurais mis des années à affronter et dont je suis aujourd’hui prête à vous parler. 

Mes poils, cette histoire d’amour toxique. 

Puberté précoce et génétique n’ont pas franchement fait bon ménage en termes de pilosité. J’ai toujours été poilue et ceux-ci ont toujours rapidement repoussé. On oublie donc la repousse sous 4 semaines avancée par les marques de rasoirs and Co, chez moi c’est plutôt en 7 jours.

D’aussi loin que je me rappelle, j’ai toujours eu un problème avec mes poils. Mon inconscient a probablement trop bien intégré certains standards et j’ai donc très tôt émis le souhait de vouloir m’épiler. Après m’avoir fait patienter un peu, ma mère a finalement accepté à condition de bien faire les choses : pas de rasoirs, pas de crème dépilatoire mais de la cire !

Suite à ma première épilation, j’étais plutôt relax. Je le faisais au grès de mes envies, quand j’avais le temps et la personne pour m’aider. Et quand on y pense, c’est toujours comme cela que les choses devraient se passer. 

Mais les choses ne sont jamais faciles et en matière de corps. Tout le monde a son mot à dire même quand ce n’est pas le sien ! Des magazines de mode ont décidé que les femmes naissaient sans poils et des idiots l’ont écouté. Remercions donc chaleureusement le garçon qui m’a traité de King Kong quand j’avais 14 ans. 

A partir de ce jour, s’en était fini du côté décontracte, j’ai commencé à être de plus en plus complexée. J’ai arrêté d’aller à la piscine ou à la plage si je n’étais pas épilée. Je refusais de porter une jupe ou un débardeur. Mes poils sont devenus une obsession.

Comment gérer un phénomène naturel ?

Bizarrement, de tous mes complexes, c’est encore celui-ci qui me pose le plus de problèmes. Accepter que les poils soient naturels et que le choix de les garder ou non devraient entièrement me revenir est la chose la plus compliqué que j’ai eu à faire. J’ai d’ailleurs encore beaucoup de chemin à parcourir. 

Toutefois, les choses évoluent. J’ai appris à connaitre à quoi servaient les poils. Une fois qu’on connait l’utilité d’un objet, c’est déjà plus simple de l’accepter. Un petit tour de côté de l’histoire et j’ai aussi compris comment les poils féminins sont devenus l’ennemi public numéro 1 ! Enfin, une bonne dose de lectures féministes, de vidéos montrant des corps naturels et poilus et des gens qui n’ont pas peur des regards m’ont appris à relativiser ! 

Le confinement (quand je vous dis que c’est récent) m’a aussi appris à déstresser vis-à-vis de de beaucoup de choses. Vous pourrez retrouver mon expérience ici.

Enfin, la plus belle chose qu’on m’ait dit l’an passé :

« Je ne suis pas sûre que les poils empêchent réellement de se baigner »

C’était un soir avant d’aller chez des amis qui avaient une piscine, je n’osais pas prendre mon maillot car je n’étais pas épilée. Cette phrase a été comme une libération, un véritable déclic ! Quelques mots si simples mais si beaux.

La puberté, cette magnifique période

Un élément chez moi a toujours été là : mes fesses. Peu importe le nombre de régimes que je ferai dans ma vie, elles seront toujours là. Toutefois, puberté oblige, mes origines méditerranéennes ont décidé de refaire surface et mes hanches comme mes fesses ont pris un peu (beaucoup ?) de volume. Si vous ajoutez à cela un problème de collagène et d’élasticité de la peau, d’énormes vergetures sont apparues sur mes hanches. Je ne parle pas de petites vergetures comme on en voit souvent mais de très grosses cicatrices. Clairement, c’est un peu comme si Wolverine était venu trancher mes cuisses. 

Une cicatrice, c’est à vie ! 

Les vergetures sont avant tout une cicatrice, elles restent à vie ! Les crèmes et différents sérums utilisés (dont celui que j’ai testé il y a peu) ont atténué un peu le relief de ces cicatrices mais elles restent quand même bien présentes. 

Si ces cicatrices m’ont beaucoup gêné à l’adolescence et au début de ma vie de femme, j’ai appris à les oublier. C’est bizarrement l’une des choses les plus compliquées de mon adolescence et pourtant l’une des choses avec lesquelles je vis aujourd’hui le mieux ! Elles font partie de moi et j’ai accepté qu’elles ne pourront jamais partir. Un dermatologue m’a même proposé une opération laser mais j’ai refusé. Mes vergetures sont là, elles sont le signe que mon corps vit, de ces changements, pour le meilleur comme pour le pire. 

J’ai parfois un sursaut de complexe quand quelqu’un les regarde avec insistance ou me demande ce qu’elles sont, mais j’apprends aussi à répondre exactement ce que je viens d’écrire. 

Mon p’tit bidou raclette

J’ai toujours pratiqué du sport et j’ai même pendant longtemps pratiqué le sport à haut niveau. J’ai donc rapidement développé une silhouette athlétique et je n’ai jamais eu de problèmes de poids. Pour autant, j’ai toujours voué un amour immodéré pour la nourriture qui m’a donné ce petit ventre, reflet de mon love interest pour la raclette.

L’adolescence est aussi une grande période de changements dans son corps et dans sa tête. C’est une période pendant laquelle on est très attentif et beaucoup trop réceptif à ce que pensent les autres. Alors entre les nombreuses remarques sur ma petite prise de poids et mon élargissement des hanches et les pervers qui vous font remarquer que vous avec un corps de femme, vous obtenez une ado bien plus complexée par son corps qu’elle ne devrait l’être. Une ado qui cherche absolument à se cacher. Malheureusement, cet état d’esprit ne disparait pas à 18 ans. C’est quelque chose vous intégrez bien au fond de votre inconscient : “mon corps ne doit pas être montré”.

Du p’tit bidou au gros beerdou

A mes 23 ans, j’ai passé une année à Glasgow en Erasmus et mon p’tit bidou raclette s’est un peu élargit en p’tit beerdou (tu l’as ?). Il s’en est suivi un gros ralentissement de la pratique sportive et du coup, je n’ai jamais vraiment perdu ce p’tit ventre. Pour être tout à fait honnête, je complexais un peu mais il n’était pas devenu obsessionnel jusqu’à ce que…jusqu’à ce que : 

  • A l’adolescence on me fasse remarquer mon début de prise de poids hormonal.
  • Les magazines me fassent penser qu’un ventre plat était  la norme
  • Quelqu’un me fasse remarquer que mon p’tit bidou avait quand même pas mal pris pendant mon année Erasmus. 

Voilà comment à 24 ans, la piscine et la plage sont définitivement devenus un enfer pour moi. Je n’y mettais les pieds qu’avec des gens avec qui je me sentais assez à l’aise tout en gardant une appréhension du regard des autres. Je ne quitte ma serviette qu’une fois le bord de plage atteint et je redouble d’ingéniosité pour ne pas faire dépasser ce bout de gras.  

Comment se débarrasser de son p’tit bidou ?

Ce fichu complexe me pose encore des problèmes, mais j’y arrive progressivement. L’une des étapes à surmonter est notamment dû au fait que tout le monde explique que le ventre se perd facilement. Il suffit d’un peu de sport et d’une alimentation équilibrée. Et ce n’est pas faux en soi…mais il y a d’autres facteurs à prendre en compte.

C’est d’ailleurs comme cela que j’avais prévu de me débarrasser de mon complexe, sauf que voilà : la nourriture c’est ma vie, mon œuvre. 

Je mange équilibré 80% du temps et je fais un peu de sport mais je ne résiste jamais à l’envie d’une glace ou à l’appel d’un bon burger…Résultat des courses (qui n’est finalement pas si mal : j’arrive aujourd’hui à maintenir mon poids mais perdre mon ventre est une autre affaire. 

Réaliser que mon amour de la nourriture sera toujours bien plus grand que mon besoin d’avoir un ventre plat et ultra musclé, est l’étape clé d’un ventre “Beach body” ready. Personnellement, c’est une prise de conscience que j’ai eue il y a quelques mois et qui m’a drôlement aidé ! Je veux profiter avant tout de la vie !

Je suis également retombée sur des photos de moi petite faisant de la danse. Clairement à l’époque, malgré le sport, j’avais quand même un peu de ventre et des bonnes cuisses. La raclette faisait déjà effet ! J’ai réalisé avec cette photo que je n’avais jamais été hyper fine et qu’il était donc normal qu’à l’âge adulte, un peu de gras trainaille par ci par là.

La mode au service de mes formes !

Enfin, la mode ! Oui pour une fois ! Pendant des années, la mode était au bikini taille basse, moins il y avait de tissu mieux c’était ! Sauf que le bikini, ne cache ni la peau ni les complexes. “Bless” soit donc les marques qui ont commencé à comprendre que différentes morphologies existent chez la femme. Vive la taille haute !

Personnellement, j’ai passé le cap du maillot taille haute et je revis ! J’ai d’ailleurs commandé un maillot de la superbe marque les Sirènes avec une manigfique culotte taille haute ! Aussitôt essayé, je vous en donne des nouvelles ! 

Cherchez l’erreur !

Oui ! Il y a une faille dans mes propos : je n’ai pas vraiment surmonté le complexe du p’tit bidou, je l’ai plutôt caché sous une taille haute. Mais tout de même ! Aujourd’hui, je peux aller à la plage sans soucis avec un maillot que j’estime adapté à mes formes ! Et ça, ce n’est pas rien !

Et en attendant ? Je continue à travailler sur ce complexe jusqu’au jour où j’en oublierai même la taille haute 😉 

Mon “Beach body” à moi

Avoir un “Beach body” n’a pas été une mince affaire ! Cela m’a demandé une grosse dose d’amour propre, des remises en question et une compréhension des standards de beauté et de leur fonctionnement assez profond. Toutefois, progressivement, j’ai quand même résolu certains problèmes. 

15 ans, c’est le temps qu’il m’aura fallu pour obtenir ce “Beach body” de mes rêves, ou presque. C’est le temps qu’il m’aura fallu pour reprendre confiance en moi et enfin accepter mes défauts mais aussi mes échecs. Le “Beach body” est surtout une affaire d’acceptation de soi face au regard que la société peut porter. Et c’est la grande leçon à retenir aujourd’hui.

Voici une photo que j’ai posté il y a peu sur mon compte Instagram perso. Il y a encore moins d’un an, jamais je n’aurai osé poster une photo de moi en maillot de bain !

Ceci est mon “Beach body” ready pour cet été !

Peut-être que certain.es penseront que j’exagère vu mon corps mais les complexes ne sont jamais une affaire d’objectivité. Ils sont avant tout psychologiques, une véritable lutte entre vous et vous-même. Ils sont aussi le résultat d’une série de comportements externes visant à nous culpabiliser. Et c’est sur ce point que j’attire votre attention !

Je sais également très bien que chacun a ses propres complexes et qu’un article ne suffira pas à vous les faire oublier mais il est temps de renverser la tendance.

Arrêtons d’essayer de satisfaire les dictats des magazines de modes et d’atteindre ces standards quasi impossible.

Arrêtons avec ces régimes express dangereux pour la santé.

Réaffirmons le droit pour tous d’aller à la plage, peu importe son corps, son poids ou sa pilosité.  

Réaffirmons simplement le droit de vivre et de profiter de la vie sans être jugé ! 

N’oubliez jamais que le meilleur moyen d’avoir un “Beach body” ready c’est d’aller à la beach, d’y poser son body et d’être ready à profiter de ce qu’elle a, à nous offrir. 

Ensemble, allons tous à la plage,

Gaëlle

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