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Focus : les colorants alimentaires

Les colorants alimentaires sont des additifs utilisés afin d’améliorer, amplifier ou simuler la couleur d’un produit alimentaire. 

Mais qui sont-ils ? Et comment les reconnaitre ?

Un peu d’histoire…

On trouve mention de l’utilisation du safran ou du curcuma pour colorer les confiseries dans des textes datant de 1500 avant J.C. Les romains, quant à eux, utilisaient les anthocyanes (colorants rouges) pour améliorer la couleur de leurs vins. 

En 1698, le cuisinier du roi, dans un livre intitulé « Nouvelle instruction pour les confitures, les liqueurs et les fruits avec la manière de bien ordonner un dessert » expliquait également comment rendre plus rouge la confiture. Il n’était donc pas rare d’ajouter des colorants naturels pour rendre plus appétissants certains mets. Parmi ces colorants, on trouve mention d’os broyés, d’encre de seiche, de la craie, du vermillon (qui contient du mercure) ou encore du vert de Scheele (qui contient de l’arsenic). Ce n’était déjà pas joli joli !

En 1856 le premier colorant de synthèse est créé : la mauvéine (utilisée dans les teintures). En 1882, le jaune quinoléine est synthétisé et utilisé pour la première fois comme colorant alimentaire. 

Évidemment, avec les avancées scientifiques, de nombreux colorants sont synthétisés voire carrément inventés : c’est la naissance des colorants artificiels. 

On constate donc que les colorants alimentaires ont très tôt été utilisés pour rendre plus appétissante la nourriture vendue. Nos ancêtres n’étaient pas plus cons que nous, ils avaient bien compris qu’un aliment coloré se vend bien mieux ! 

Nous mangeons avec les yeux !

Le choix de ce que nous mangeons est d’abord dicté par la vue. Pire encore, elle joue un rôle essentiel dans notre capacité à distinguer les goûts. L’odorat et le goût n’entrent qu’en seconde position.

Le sirop de menthe, dont la couleur naturelle est transparente, contient souvent un colorant vert qui rappelle sa couleur. Il en va de même pour de nombreuses préparations comme celles au citron, auxquelles on ajoute un colorant jaune. 

Ainsi, si l’on vous faisait gouter un sirop de grenadine transparent ou vert, vous auriez du mal à reconnaitre la grenadine. Je vous invite à faire l’expérience chez vous à la maison, le résultat va vous étonner !

Alors pourquoi s’en priver ?

Excepté quelques colorants naturels qui permettent de mieux absorber certaines vitamines (comme la riboflavine qui se transforme en vitamine B2), un colorant a pour fonction de colorer une denrée alimentaire.

ET C’EST TOUT !

Oui, oui vous avez bien lu, les colorants alimentaires ne servent à rien d’autre qu’à vous donner l’impression que l’aliment est meilleur et donc, à vous le faire acheter. 

ET CA MARCHE ! La preuve : saviez-vous que la saucisse que vous achetez devrait en réalité avoir une couleur mois rose ?

Les industriels l’ont bien compris. C’est vous dire à quel point nous sommes conditionnés et manipulés !

Mais comment les reconnaitre ?

Il existe trois familles de colorants :

  • Les colorants naturels : issus de matières animales, végétales ou minérales. C’est le cas du jus de betterave ou de la cochenille. 
  • Les colorants de synthèse qui imitent une couleur existant dans la nature mais sont fabriqués chimiquement, comme la tartrazine ou le jaune quinoléine. 
  • Les colorants artificiels : issus de la chimie pure et de la pétrochimie, ce sont des couleurs qui n’existent pas dans la nature : le bleu patenté V (celui des bonbons Stroumpfs). 

Selon les règlementations en vigueur, ces colorants sont obligatoirement mentionnés sur les étiquettes alimentaires. Mais comme toujours pour compliquer la tâche du consommateur, vous ne les trouverez pas sous leur nom commun mais sous la norme d’appellation européenne : E + un chiffre.

Les colorants sont tous les additifs compris entre E100 et E180, les naturels comme les chimiques. Voici un tableau qui vous permettra d’y voir un peu plus clair :

Les colorants sont-ils dangereux ?

Les colorants alimentaires étant soumis à une règlementation, on peut se douter qu’ils ne sont pas sans danger pour la santé. Il existe par ailleurs une dose journalière conseillée. Ainsi, des études ont récemment révélé qu’il pourrait y avoir un lien entre l’ingestion de colorants alimentaires et l’hyperactivité chez les enfants.

Certains colorants sont allergènes voire cancérigènes. C’est le cas du colorant E124 (rouge cochenille). Les colorants naturels ne sont pas exempts de risque puisque le E100 (extrait du curcuma) et le E120 (cochenille) peuvent présenter des risques allergènes.

En bref, et pour conclure, les colorants alimentaires, même naturels, sont présents dans de nombreux aliments industriels. Il faut toutefois garder en tête qu’ils ne servent qu’à colorer et qu’ils peuvent présenter certains risques. Le fait que les règlementations soit différentes selon les pays montrent également que les priorités sanitaires ne sont pas toujours à l’ordre du jour. Surtout quand les lobbys alimentaires sont à l’oeuvre !

Le mieux ? Les éviter autant que possible !

Pour finir, voici une petite vidéo sur les colorants alimentaires publié par la Quotidienne :

Gaëlle

“Se satisfaire du nécessaire”

Lien et sources :

https://blogs.mediapart.fr/christianepicurien/blog/170711/le-danger-des-colorants-chimiques-alimentaires

https://www.lemonde.fr/planete/article/2007/09/06/les-additifs-alimentaires-suspectes-d-accroitre-l-hyperactivite-infantile_951737_3244.html

http://tpecolorants1s1.free.fr/index.php?title=Utilisation_et_nature_des_colorants

http://www.curieuxdesavoir.com/98-les-colorants-alimentaires.html

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