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Silicones et parabènes : un écran de fumée pour les consommateurs.

Suite à de récentes études, il a été révélé que les silicones et les parabènes utilisés en cosmétiques étaient nocifs pour la santé et pour l’environnement. Dès lors, de nombreuses marques ont fait de l’exclusion de ces deux ingrédients, leur cheval de bataille. Cette focalisation est en réalité un écran de fumée pour les consommateurs. 

Un pied dans la fourmilière

En 2017, l’association des consommateurs UFC que Choisir lance une grande études sur plus de 400 produits cosmétiques. Elle dénonce l’utilisation d’ingrédients indésirables dans la fabrication de cosmétiques industriels. En agissant ainsi, UFC que Choisir met un grand coup de pied dans la fourmilière des cosmétiques. Elle met également l’accent sur la lenteur des autorités en question à réglementer voire interdire totalement certains de ces ingrédients. 

Vous pouvez retrouver le dossier ici

Je salue ici l’initiative prise par l’association car elle a eu le courage de dire tout haut ce que beaucoup pensaient tout bas. Suivie par des millions de gens, elle a pu porter le message déjà dénoncé par beaucoup d’acteurs de la sphère bio et nature. Malheureusement, de cette étude, on ne retiendra que la toxicité des parabènes et des silicones, passant à la trappe les nombreux autres ingrédients indésirables pour le corps et la planète.

 

Parabènes et silicones, de quoi parle-t-on ?

Les parabènes sont un famille de conservateurs synthétiques fréquemment utilisés dans les cosmétiques industriels mais également dans l’industrie agro-alimentaire. Parmi les plus présents se trouvent le methylparaben, le benzylparaben, l’ethylparaben et le propylparaben. Notons que dans la liste des conservateurs incriminés se trouvaient également le parahydroxybenzoate et le phénoxyéthanol. 

Après de nombreux tests, ces conservateurs n’ont pas seulement révélé un potentiel allergène mais ont également été déclarés “perturbateurs endocrinien”. C’est à dire qu’il peuvent causer des anomalies physiologiques notamment au niveau des fonctions reproductives. Aujourd’hui, ces ingrédients sont soumis à une réglementation mais ne sont toujours pas interdits. 

Les silicones sont des dérivés synthétiques de la silice présents sous forme de résine, d’huiles ou de plastiques. Ils sont très présents dans l’industrie cosmétique où ils sont utilisés dans les crèmes et les savons comme agent filmogène ou dans les soins capillaire pour gainer le cheveux. Facilement reconnaissable sur une étiquette, ce sont tous les ingrédients finissent en – ane ou -one (dimethicone, trimethicone…).

Si l’on a longtemps pensé que les silicones étaient inoffensifs pour la peau, on sait qu’ils sont un désastre environnementale car excessivement polluants. On reconnait également que la fonction filmogène de ceux-ci empêche la peau de fonctionner correctement. Enfin, de récentes études ont révélé qu’un silicone comme le Cyclotetrasiloxane (ou D4) pouvait être cancérigène. Pas si inoffensif donc ! 

Silicones et parabènes, un écran de fumée ?

Suite à ces nombreuses révélations et poussées par les consommateurs, de nombreuses grandes marques ont décidé d’exclure ces deux catégories d’ingrédients de leurs produits cosmétiques. On a alors vu apparaitre un florilège de mentions telles que « 0% de parabens, 0% de silicones », souvent sous la forme de tampon rappelant celui des labels. 

Et c’est tout !

Quid des autres ingrédients ?

En ne se focalisant que sur les silicones et les parabènes, les industriels ont détourné le regard de la myriade d’autres ingrédients indésirables ! Pire que cela, sous réserve de ce fameux « 0% », ils ont fait croire aux consommateurs que les produits étaient sains et naturels. Usant à outrance du greenwashing, ces marques n’hésitent pas à nous faire croire qu’ils respectent une démarche éco-responsable.

Pour illustrer cet argument, penchons-nous sur l’exemple de la gamme Pure de la marque Timotei :

Certes, il n’y a aucun parabène, aucun silicone. En revanche notons la présences du sulfates « SLS », également connu pour être un perturbateur endocrinien, de disodium EDTA, un produit très polluant et de PPG-12, un polymère de synthèse, du plastique … Le tout dans un emballage vert et blanc pour bien rappeler la nature. Nature dont le produit est a peu près aussi proche que l’est un bonbon arc-en-ciel. 


Un exemple parfait de camouflage. On appose sur l’emballage une belle mention “0%”, un crée une étiquette verte et blanche et on renomme sa gamme “pure” ou “nature” ou encore “botanical”. Ainsi, le consommateur, en toute confiance, se dit qu’il achète un produit clean pour sa peau.

Le mot de la fin…

Même si je salue l’initiative de l’association UFC que Choisir d’avoir eu le courage de dénoncer tout un pan d’une industrie plus que lucrative. Je reste quand même prudente. Si cette étude a mis la puce à l’oreille sur la nécessite de regarder la composition de nos produits, elle s’est beaucoup trop concentrée sur les silicones et les parabènes créant un véritable écran de fumée vis-à-vis des autres ingrédients. 

La solution face à cela ?

Des applications qui vous permettent d’y voir clair dans les compositions : 

  • L’application Yuka : qui fait aussi le points sur les produits agroaliementaires. 
  • L’application INCI beauty : qui détaille la compostition des produits cosmétiques et leur attribue globales. 

Tous ensemble, restons vigilants ! 

Découvrez ici mon article sur les colorants alimentaires.

Tous ensemble, passons au naturel !

Gaëlle

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